Le président du monde

Parce que l'humour est un concept étrange et complexe,
Ce blog ne souhaite pas être drôle.

Il était une foi un vendeur de foie...

LMDM, dans sa bêtise et sa méchanceté légendaire, nous offre dans sa chronique de cette semaine une véritable leçon d'économie. Pourquoi s'élever contre l'achat d'organes entre un européen et un africain ? Pourquoi lorsqu'en France quelqu'un donne son rein pour sauver une autre personne, on applaudit, alors que l'on s'indigne d'imaginer possible l'achat d'organes à un petit africain mourra de faim (et déjà on se dit que c'est pas logique : s'il meurt de faim, sans dec, il peut filer son foie, on estomac, son intestin, bref tout ce qui ne lui sert pas)

Question qui mérite réflexion. C'est ce que se propose de faire LMDM.

Or il se trompe, mais largement.

Le tyran nous dit :
les lois en Europe autorisent en effet le DON d'organe, mais interdisent la VENTE d'organes, histoire de bien rappeler au peuple que notre corps n'est pas notre propriété.
Première erreur : confondre valeur et prix. Valeur d'usage et valeur d'échange. Erreur classique de tous les libéraux. Si les organes sont notre propriété (et encore, peut on parler de propriété pour un organe ?), ils ont une valeur assez incroyable : ils nous sont quasi indispensables, très difficile à fabriquer, extrêment complexes, et leur transfert d'une personne a une autre permet de sauver une vie.
On touche au domaine du vivant, de l'humain, de l'éthique. La monétarisation, la marchandisation n'a pas de sens. Elle est même contre sens : tout ce qui a de la valeur n'a pas nécessairement de prix. C'est le fondement même de l'économie "classique" (de Smith et Ricardo, ainsi que Marx même si ce dernier s'opposera aux résultats des deux précédents). Les néoclassiques tenteront alors de bidouiller pour sortir de cette théorie de la valeur, mais se confrontent alors à des contradictions insurmontables.
Mais soit, passons, et supposons que ce ne sont là que des points de vue théoriques, voire idéologiques différents et que ce n'est pas de notre ressors.

LMDM nous dit ensuite :
je ne parlais pas d'aider l'Afrique, moi! Je parlais juste de libre commerce entre personnes consentantes
Deuxième erreur et de taille : si on pourrait éventuellement dire cela d'un commerce franco-français ou du moins entre pays développés (ce qui n'est pas non plus évident, à la réflexion), il est aberrant de penser que le commerce puisse être "libre" et surtout entre personnes "consentantes", en parlant d'Africains. C'est exactement la même erreur que font les libéraux en considérant le contrat de travail comme la résultant d'une libre négociation entre deux individus, seuls et égaux, alors que le patron est le seul à embaucher, et qu'il y a devant lui 100 personnes prêtent à travailler. La négociation est biaisée, le travailleur peut alors être contraint d'accepter un contrat qui ne lui convient pas, s'il veut avoir un semblant de vie (sociale, économique, culturelle).
L'Africain risque chaque jour de ne pas voir le lendemain. Il souffre de malnutrition, il a faim, soif, il est malade. Il n'a pas accès à l'eau potable ni à des médicaments. Dans certains cas, il sait que pour faire quoi que ce soit (se déplacer, se soigner, aller travailler) il lui faudra payer des pots de vins tout le long du chemin, et négocier. Une somme ridicule pour un européen peut correspondre à l'argent de toute une vie pour cet africain.
Peut on alors décemment croire qu'il puisse se permettre de refuser ? Voire même seulement de négocier ? Il sait que si on lui offre 1000$ pour son rein et qu'il estime que son rein vaut certainement plus, il ne le vendra jamais, "l'offre" de rein étant gigantesque.
Et encore, on parle ici de rein. Il est possible de vivre avec un seul, sans être fortement handicapé. Mais dans la logique du MDM, pourquoi ne pas vendre ses yeux ? Quid du rapport de force qui existe dans ce "libre commerce" entre "personnes consentantes" ?
Aaah, le doux monde idéal des libéraux, où tout n'est qu'intérêt bien entendu de chacun, n'échangeant que lorsque la situation se trouve profitable pour chacun.

Par contre, LMDM a raison lorsqu'il critique l'aide des pays riches vers les pays pauvres. Il est évident que la plupart des aides et politiques menées actuellement ne font au final que nuire encore plus au tiers monde. Sans parler de la logique de "don" qui peut être fortement critiquée par tout le mécanisme qu'il y a derrière, et produisant plus de sentiment d'infériorité et de honte qu'autre chose (pour les pays pauvres hein, pour les riches, ce sont des sentiments de supériorité, de pitié, et même de puissance qui en émanent)
Mais LMDM, critiquant l'aide "gratuite" néfaste, y préfère une "aide" marchande pire encore. Quel raisonnement !

Rappelons enfin qu'il y avait quelques mois de ça, il nous gratifiait dans ses "Jacquardise" d'une terrible conclusion pleine de bon sens. Alors que Jacquard dénonçait les dérives de trafic d'organes, en mettant ça sur le dos des libéraux et de la logique de marché, LMDM remettait les choses à leurs places, en criant au scandale :
LMDM, dans sa bétise et sa méchanceté légendaire, nous offre dans sa chronique de cette semaine une véritable leçon d'économie. Pourquoi s'élever contre l'achat d'organes entre un europpéen et un africain ? Pourquoi lorsqu'en France quelqu'un donne son rein pour sauver une autre personne, on applaudit, alors que l'on s'indigne d'imaginer possible l'achat d'organes à un petit africain mourra de faim (et déjà on se dit que c'est pas logique : s'il meurt de faim, sans dec, il peut filer son foie, on estomac, son intestin, bref tout ce qui ne lui sert pas)

Question qui mérite réflexion. C'est ce que se propose de faire LMDM.

Or il se trompe, mais largement.

Le tyran nous dit :
les lois en Europe autorisent en effet le DON d'organe, mais interdisent la VENTE d'organes, histoire de bien rappeler au peuple que notre corps n'est pas notre propriété.
Première erreur : confondre valeur et prix. Valeur d'usage et valeur d'échange. Erreur classique de tous les libéraux. Si les organes sont notre propriété (et encore, peut on parler de propriété pour un organe ?), ils ont une valeur assez incroyable : ils nous sont quasi indispensables, très difficile à fabriquer, extrêment complexes, et leur transfert d'une personne a une autre permet de sauver une vie.
On touche au domaine du vivant, de l'humain, de l'éthique. La monétarisation, la marchandisation n'a pas de sens. Elle est même contre sens : tout ce qui a de la valeur n'a pas nécessairement de prix. C'est le fondement même de l'économie "classique" (de Smith et Ricardo, ainsi que Marx même si ce dernier s'opposera aux résultats des deux précédents). Les néoclassiques tenteront alors de bidouiller pour sortir de cette théorie de la valeur, mais se confrontent alors à des contradictions insurmontables.
Mais soit, passons, et supposons que ce ne sont là que des points de vue théoriques, voire idéologiques différents et que ce n'est pas de notre ressors.

LMDM nous dit ensuite :
je ne parlais pas d'aider l'Afrique, moi! Je parlais juste de libre commerce entre personnes consentantes
Deuxième erreur et de taille : si on pourrait éventuellement dire cela d'un commerce franco-français ou du moins entre pays développés (ce qui n'est pas non plus évident, à la réflexion), il est aberrant de penser que le commerce puisse être "libre" et surtout entre personnes "consentantes", en parlant d'Africains. C'est exactement la même erreur que font les libéraux en considérant le contrat de travail comme la résultant d'une libre négociation entre deux individus, seuls et égaux, alors que le patron est le seul à embaucher, et qu'il y a devant lui 100 personnes prêtent à travailler. La négociation est biaisée, le travailleur peut alors être contraint d'accepter un contrat qui ne lui convient pas, s'il veut avoir un semblant de vie (sociale, économique, culturelle).
L'Africain risque chaque jour de ne pas voir le lendemain. Il souffre de malnutrition, il a faim, soif, il est malade. Il n'a pas accès à l'eau potable ni à des médicaments. Dans certains cas, il sait que pour faire quoi que ce soit (se déplacer, se soigner, aller travailler) il lui faudra payer des pots de vins tout le long du chemin, et négocier. Une somme ridicule pour un europpéen peut correspondre à l'argent de toute une vie pour cet africain.
Peut on alors décemment croire qu'il puisse se permettre de refuser ? Voire même seulement de négocier ? Il sait que si on lui offre 1000$ pour son rein et qu'il estime que son rein vaut certainement plus, il ne le vendra jamais, "l'offre" de rein étant gigantesque.
Et encore, on parle ici de rein. Il est possible de vivre avec un seul, sans être fortement handicapé. Mais dans la logique du MDM, pourquoi ne pas vendre ses yeux ? Quid du rapport de force qui existe dans ce "libre commerce" entre "personnes consentantes" ?
Aaah, le doux monde idéal des libéraux, où tout n'est qu'intérêt bien entendu de chacun, n'échangeant que lorsque la situation se trouve profitable pour chacun.

Par contre, LMDM a raison lorsqu'il critique l'aide des pays riches vers les pays pauvres. Il est évident que la plupart des aides et politiques menées actuellement ne font au final que nuire encore plus au tiers monde. Sans parler de la logique de "don" qui peut être fortement critiquée par tout le mécanisme qu'il y a derrière, et produisant plus de sentiment d'infériorité et de honte qu'autre chose (pour les pays pauvres hein, pour les riches, ce sont des sentiments de supériorité, de pitié, et même de puissance qui en émanent)
Mais LMDM, critiquant l'aide "gratuite" néfaste, y préfère une "aide" marchande pire encore. Quel raisonnement !

Rappelons enfin qu'il y avait quelques mois de ça, il nous gratifiait dans ses "Jacquardise" d'une terrible conclusion pleine de bon sens. Alors que Jacquard dénonçait les dérives de trafic d'organes, en mettant ça sur le dos des libéraux et de la logique de marché, LMDM remettait les choses à leurs places, en criant au scandale :
Venir prétendre que les défenseurs du "libre marché" sont des gens qui veulent légitimer un acte criminel tel que celui de voler des organes... Jacquard, tu es fou


Ah vraiment, qu'il est beau notre Tyran.

9 Commentaires :

  • Je n'ai pas réussi à tout lire, tu es carrément moins drôle que LMDM mec :/

    Par Anonymous Anonyme  

  • Et surtout plus simpliste dans ton raisonnement.

    Par Blogger Blèh  

  • Eclairez-moi. En france, en matière de gestion du sang pour les tranfusions, on ne pratique QUE le don. Les gentils citoyens solidaires et espérons le durables se rendent donc dans des établissements d'état pour y DONNER leur résiné. Assez bizarrement, l'état le REVEND aux établissements hospitaliers.

    En quoi est-ce plus moral ? Dites le moi Ô chez président, je meurs d'envie de le savoir.

    Par Blogger Harald  

  • Juste un petit truc...

    On peut aussi vivre qu'avec un seul oeil. On peut même conduire en étant borgne.

    Par Anonymous Anonyme  

  • Je poste ici, LMDM n'a pas de fils de commentaires sur son blog/site (le con)

    Nous touchons la frontière du libéralisme et entrons sur les terres des punks anarchistes libertariens et autres galapiats du Cato Institute :
    Considérant le droit de propriété comme un droit absolu et infini.
    Considérant que la liberté comprend et inclut avant tout notre propre paquet de viande et que l'expression intrinsèque de cette liberté ne peut en être autre que sa jouissance et donc que le droit de propriété y afférant est ontologique, je serais ainsi en toute logique l'usufruitier et le nu-propriétaire de mon propre corps.
    Considérant que la valeur marchande de tout ou partie de mon corps est la conséquence de ce droit de propriété infini, je pourrais former un prix pour chacun de mes propres organes en fonction de la valeur que je leur donne, de l'offre et de la demande.
    Considérant que les organes font déjà l'objet d'un commerce de la part de sociétés commerciales ayant le monopole des transplantations et du personnel et établissements médicaux réalisant les greffes.
    Eu égard à toutes ces considérations je dirais à l'instar du libertarien que la vente consentante d'organe (sain) d'un africain à un européen est un 'opération' normale.

    Mais je considère (pour des raisons morales) que la jouissance de mon corps doit s'arrêter aux fractions en contact avec l'environnement : Cheveux, peau, ongles etc. En clair liberté de se tatouer, de se percer, de se raser les cheveux, de peindre ses ongles en vert etc... mais pas de décision de prélever un organe sur ma personne. Que celui-ci soit fait sur un cadavre (moi par exemple) sans contrepartie d'argent puisqu'un cadavre d'humain n'appartient à personne. Surtout quand il y un malentendu tragique entre mercantilisme et libéralisme comme le souligne l'excellent jean-louis Caccomo

    Ceci j'aime beaucoup LMDM et tous les libéraux qui sont des gens sympa avec beaucoup d'humour, bien que quelquefois je me demande de quelle planète ils forment leurs points de vue.

    Par Blogger all  

  • Mais je considère (pour des raisons morales) que la jouissance de mon corps doit s'arrêter aux fractions en contact avec l'environnement

    Quid alors du don d'organes de son vivant, comme l'aurait pratiqué Richard Berry pour reprendre l'exemple de LMDM ? Serait-ce plus moral parce que c'est un don ? Quid du don du sang qui débouche sur un commerce ?

    Par Blogger Harald  

  • 'Donner' un organe de son vivant ce n'est pas du tout anodin ! Vivre avec un seul rein c'est vivre avec un handicap et un espérance de vie réduite. C'est un sacrifice qu'on ne peut monnayer, un geste d'amour désintéressé.

    Ce n'est pas parce que les organes vont par paire qu'on peut en ôter un et vivre avec l'autre sans pb.
    Sinon on 'donnerait' simplement de son vivant un oeil, un poumon, un testicule, une oreille.

    Par Blogger all  

  • Au président du monde :

    L'espoir du bonheur ne réside qu'uniquement dans la façon dont pense tout le monde.
    On appelle cela, la raison.
    Perdre la raison est la venue de tout, la folie, le n'importe quoi.
    Si vous avez la raison, vous savez ce que cela signifie.
    Pour moi, cela signifie la fin de mes questions, le début d'une nouvelle ère.

    Par Anonymous Anonyme  

  • Dans la citation de LMDM a propos de jacquard, il est fait état de "voler" des organes.

    Le vol n'est absolument pas encouragé par les libéraux, que ce soit d'organes ou de quoi que ce soit d'autre (ce qui n'est pas le cas des étatistes qui considèrent que l'état a le droit de voler les contribuables).

    Le don est une vente ou le prix est fixé à 0. Quel mal y aurait-il à échanger un organe contre de l'argent plutôt que contre de la "gratitude et de la reconnaissance éternelle"?

    Si je décide de vendre mon rein, et que j'estime qu'il vaut 50 000€. Si mes acheteurs estiment qu'il n'en vaut que 1000, et que les reins s'échangent à ce prix la, alors il vaut ce prix la. Si à mon échelle j'estime que ce n'est pas acceptable, je ne le vends pas. Personne ne m'y contraint.

    Un africain ne vend pas son rein a l'heure actuelle et meurt de faim.
    Ou as-tu vu qu'autoriser la vente d'organes obligerait les africains à vendre les leurs contre leur gré?
    En quoi serait-ce inacceptable qu'ils puissent recourir à ce moyen pour s'en sortir?
    Et si nous ne sommes pas "propriétaires" de notre corps, qui l'est? Dieu? L'état?
    Tu parles de contradictions libérales mais la première des anti-libéraux est bien de considérer qu'un individu n'est pas maitre de sa propre chair.
    C'est tout à fait logique dans l'étatisme collectiviste: l'individu n'est qu'un maillon d'un "grand tout" (la collectivité, donc l'état). Il appartient au "grand tout" avant de s'appartenir à lui même.

    C'est beau...

    Un anonyme nommé, libéral farouche.

    Par Blogger Florian Dutey  

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