Le président du monde

Parce que l'humour est un concept étrange et complexe,
Ce blog ne souhaite pas être drôle.

Il était une foi un vendeur de foie...

LMDM, dans sa bêtise et sa méchanceté légendaire, nous offre dans sa chronique de cette semaine une véritable leçon d'économie. Pourquoi s'élever contre l'achat d'organes entre un européen et un africain ? Pourquoi lorsqu'en France quelqu'un donne son rein pour sauver une autre personne, on applaudit, alors que l'on s'indigne d'imaginer possible l'achat d'organes à un petit africain mourra de faim (et déjà on se dit que c'est pas logique : s'il meurt de faim, sans dec, il peut filer son foie, on estomac, son intestin, bref tout ce qui ne lui sert pas)

Question qui mérite réflexion. C'est ce que se propose de faire LMDM.

Or il se trompe, mais largement.

Le tyran nous dit :
les lois en Europe autorisent en effet le DON d'organe, mais interdisent la VENTE d'organes, histoire de bien rappeler au peuple que notre corps n'est pas notre propriété.
Première erreur : confondre valeur et prix. Valeur d'usage et valeur d'échange. Erreur classique de tous les libéraux. Si les organes sont notre propriété (et encore, peut on parler de propriété pour un organe ?), ils ont une valeur assez incroyable : ils nous sont quasi indispensables, très difficile à fabriquer, extrêment complexes, et leur transfert d'une personne a une autre permet de sauver une vie.
On touche au domaine du vivant, de l'humain, de l'éthique. La monétarisation, la marchandisation n'a pas de sens. Elle est même contre sens : tout ce qui a de la valeur n'a pas nécessairement de prix. C'est le fondement même de l'économie "classique" (de Smith et Ricardo, ainsi que Marx même si ce dernier s'opposera aux résultats des deux précédents). Les néoclassiques tenteront alors de bidouiller pour sortir de cette théorie de la valeur, mais se confrontent alors à des contradictions insurmontables.
Mais soit, passons, et supposons que ce ne sont là que des points de vue théoriques, voire idéologiques différents et que ce n'est pas de notre ressors.

LMDM nous dit ensuite :
je ne parlais pas d'aider l'Afrique, moi! Je parlais juste de libre commerce entre personnes consentantes
Deuxième erreur et de taille : si on pourrait éventuellement dire cela d'un commerce franco-français ou du moins entre pays développés (ce qui n'est pas non plus évident, à la réflexion), il est aberrant de penser que le commerce puisse être "libre" et surtout entre personnes "consentantes", en parlant d'Africains. C'est exactement la même erreur que font les libéraux en considérant le contrat de travail comme la résultant d'une libre négociation entre deux individus, seuls et égaux, alors que le patron est le seul à embaucher, et qu'il y a devant lui 100 personnes prêtent à travailler. La négociation est biaisée, le travailleur peut alors être contraint d'accepter un contrat qui ne lui convient pas, s'il veut avoir un semblant de vie (sociale, économique, culturelle).
L'Africain risque chaque jour de ne pas voir le lendemain. Il souffre de malnutrition, il a faim, soif, il est malade. Il n'a pas accès à l'eau potable ni à des médicaments. Dans certains cas, il sait que pour faire quoi que ce soit (se déplacer, se soigner, aller travailler) il lui faudra payer des pots de vins tout le long du chemin, et négocier. Une somme ridicule pour un européen peut correspondre à l'argent de toute une vie pour cet africain.
Peut on alors décemment croire qu'il puisse se permettre de refuser ? Voire même seulement de négocier ? Il sait que si on lui offre 1000$ pour son rein et qu'il estime que son rein vaut certainement plus, il ne le vendra jamais, "l'offre" de rein étant gigantesque.
Et encore, on parle ici de rein. Il est possible de vivre avec un seul, sans être fortement handicapé. Mais dans la logique du MDM, pourquoi ne pas vendre ses yeux ? Quid du rapport de force qui existe dans ce "libre commerce" entre "personnes consentantes" ?
Aaah, le doux monde idéal des libéraux, où tout n'est qu'intérêt bien entendu de chacun, n'échangeant que lorsque la situation se trouve profitable pour chacun.

Par contre, LMDM a raison lorsqu'il critique l'aide des pays riches vers les pays pauvres. Il est évident que la plupart des aides et politiques menées actuellement ne font au final que nuire encore plus au tiers monde. Sans parler de la logique de "don" qui peut être fortement critiquée par tout le mécanisme qu'il y a derrière, et produisant plus de sentiment d'infériorité et de honte qu'autre chose (pour les pays pauvres hein, pour les riches, ce sont des sentiments de supériorité, de pitié, et même de puissance qui en émanent)
Mais LMDM, critiquant l'aide "gratuite" néfaste, y préfère une "aide" marchande pire encore. Quel raisonnement !

Rappelons enfin qu'il y avait quelques mois de ça, il nous gratifiait dans ses "Jacquardise" d'une terrible conclusion pleine de bon sens. Alors que Jacquard dénonçait les dérives de trafic d'organes, en mettant ça sur le dos des libéraux et de la logique de marché, LMDM remettait les choses à leurs places, en criant au scandale :
LMDM, dans sa bétise et sa méchanceté légendaire, nous offre dans sa chronique de cette semaine une véritable leçon d'économie. Pourquoi s'élever contre l'achat d'organes entre un europpéen et un africain ? Pourquoi lorsqu'en France quelqu'un donne son rein pour sauver une autre personne, on applaudit, alors que l'on s'indigne d'imaginer possible l'achat d'organes à un petit africain mourra de faim (et déjà on se dit que c'est pas logique : s'il meurt de faim, sans dec, il peut filer son foie, on estomac, son intestin, bref tout ce qui ne lui sert pas)

Question qui mérite réflexion. C'est ce que se propose de faire LMDM.

Or il se trompe, mais largement.

Le tyran nous dit :
les lois en Europe autorisent en effet le DON d'organe, mais interdisent la VENTE d'organes, histoire de bien rappeler au peuple que notre corps n'est pas notre propriété.
Première erreur : confondre valeur et prix. Valeur d'usage et valeur d'échange. Erreur classique de tous les libéraux. Si les organes sont notre propriété (et encore, peut on parler de propriété pour un organe ?), ils ont une valeur assez incroyable : ils nous sont quasi indispensables, très difficile à fabriquer, extrêment complexes, et leur transfert d'une personne a une autre permet de sauver une vie.
On touche au domaine du vivant, de l'humain, de l'éthique. La monétarisation, la marchandisation n'a pas de sens. Elle est même contre sens : tout ce qui a de la valeur n'a pas nécessairement de prix. C'est le fondement même de l'économie "classique" (de Smith et Ricardo, ainsi que Marx même si ce dernier s'opposera aux résultats des deux précédents). Les néoclassiques tenteront alors de bidouiller pour sortir de cette théorie de la valeur, mais se confrontent alors à des contradictions insurmontables.
Mais soit, passons, et supposons que ce ne sont là que des points de vue théoriques, voire idéologiques différents et que ce n'est pas de notre ressors.

LMDM nous dit ensuite :
je ne parlais pas d'aider l'Afrique, moi! Je parlais juste de libre commerce entre personnes consentantes
Deuxième erreur et de taille : si on pourrait éventuellement dire cela d'un commerce franco-français ou du moins entre pays développés (ce qui n'est pas non plus évident, à la réflexion), il est aberrant de penser que le commerce puisse être "libre" et surtout entre personnes "consentantes", en parlant d'Africains. C'est exactement la même erreur que font les libéraux en considérant le contrat de travail comme la résultant d'une libre négociation entre deux individus, seuls et égaux, alors que le patron est le seul à embaucher, et qu'il y a devant lui 100 personnes prêtent à travailler. La négociation est biaisée, le travailleur peut alors être contraint d'accepter un contrat qui ne lui convient pas, s'il veut avoir un semblant de vie (sociale, économique, culturelle).
L'Africain risque chaque jour de ne pas voir le lendemain. Il souffre de malnutrition, il a faim, soif, il est malade. Il n'a pas accès à l'eau potable ni à des médicaments. Dans certains cas, il sait que pour faire quoi que ce soit (se déplacer, se soigner, aller travailler) il lui faudra payer des pots de vins tout le long du chemin, et négocier. Une somme ridicule pour un europpéen peut correspondre à l'argent de toute une vie pour cet africain.
Peut on alors décemment croire qu'il puisse se permettre de refuser ? Voire même seulement de négocier ? Il sait que si on lui offre 1000$ pour son rein et qu'il estime que son rein vaut certainement plus, il ne le vendra jamais, "l'offre" de rein étant gigantesque.
Et encore, on parle ici de rein. Il est possible de vivre avec un seul, sans être fortement handicapé. Mais dans la logique du MDM, pourquoi ne pas vendre ses yeux ? Quid du rapport de force qui existe dans ce "libre commerce" entre "personnes consentantes" ?
Aaah, le doux monde idéal des libéraux, où tout n'est qu'intérêt bien entendu de chacun, n'échangeant que lorsque la situation se trouve profitable pour chacun.

Par contre, LMDM a raison lorsqu'il critique l'aide des pays riches vers les pays pauvres. Il est évident que la plupart des aides et politiques menées actuellement ne font au final que nuire encore plus au tiers monde. Sans parler de la logique de "don" qui peut être fortement critiquée par tout le mécanisme qu'il y a derrière, et produisant plus de sentiment d'infériorité et de honte qu'autre chose (pour les pays pauvres hein, pour les riches, ce sont des sentiments de supériorité, de pitié, et même de puissance qui en émanent)
Mais LMDM, critiquant l'aide "gratuite" néfaste, y préfère une "aide" marchande pire encore. Quel raisonnement !

Rappelons enfin qu'il y avait quelques mois de ça, il nous gratifiait dans ses "Jacquardise" d'une terrible conclusion pleine de bon sens. Alors que Jacquard dénonçait les dérives de trafic d'organes, en mettant ça sur le dos des libéraux et de la logique de marché, LMDM remettait les choses à leurs places, en criant au scandale :
Venir prétendre que les défenseurs du "libre marché" sont des gens qui veulent légitimer un acte criminel tel que celui de voler des organes... Jacquard, tu es fou


Ah vraiment, qu'il est beau notre Tyran.

Le boulet, suite et fin

- Pssst, v'nez voir les gars...
- Kékiya ?
- Dites, j'ai discuté là, avec le Président du Monde, et il m'a montré un texte assez intéressant, sur la dette. En fait, j'ai compris que c'est crétin de dire que la dette est un fardeau pour les générations futures, qu'elle bloque la croissance, et tout ça, sans regarder la situation à côté. Et j'ai même compris que c'est en baissant les dépenses publiques sur l'éducation et le social qu'on risque d'avoir des problèmes à terme.
- Quoi ? Tu veux dire qu'en fait, le rôle de l'Etat est justifié, et qu'il a une forte importance pour la cohésion sociale, à travers ses dépenses et ses actions redistributives ?
- Exactement !
- 'Tin mais le Maître du Monde aurait donc tort, et l'impôt ne serait pas du vol ? Mais... C'est énorme !
- Ouais, puis surtout ça veut dire qu'on s'est complètement planté de branche politique, on aurait dû aller plus à gauche..
- Bah ouais, mais en même temps, la place du gars de droite qui part à gauche était déjà prise par Fabius.
- Ah ouais, c'est vrai. Bon, alors on reste à droite, et on continue avec des idées et des discours à la con, ça sera mieux pour notre image. Mais pour l'avenir de nos gosses, reste plus qu'à espérer qu'on gagne pas les prochaines élections.
- Oh putain non, t'imagines la galère si on gagne ? Ca va pas être drôle...
- Taisez vous, y'a Fabius qui s'amène...

Le boulet de la dette peut en cacher un autre

Notre bien aimé Ministre des Finances se nomme Thierry Breton. Pour ceux qui ne sauraient pas, c'est lui :

Pas un imbécile, Mr Breton, il est sacrément diplômé, comme tout ministre qui se respecte : il est diplômé de l'École supérieure d'électricité (Supelec) de Paris et de la 46e session de l'Institut des Hautes études de Défense nationale (IHEDN). C'est pas rien tout de même !

Et que nous dit M. le Ministre (mais il n'est pas le seul, hein, c'est très à la mode en ce moment, ils le disent tous) ? En sa qualité de chef des finances françaises, il le dit haut et fort : nous sommes trop endettés.
Soit.
" Et alors ? " , serions nous en droit de demander, nous pauvres quidams qui n'avons pas fait de si prestigieuses études.
Et alors, c'est un fardeau énorme pour les générations futures. Qui va peser sur la croissance, sur les emplois, l'investissement, sur nos enfants, leur donnera le SIDA, leur crèvera les yeux et les torturera jusqu'à ce que mort s'ensuive. (ouais enfin ils disent pas ça comme ça, hein, mais c'est pas loin).

Mais c'est marrant, on a tendance à trop souvent oublier ce qu'est une dette. Alors, M. Breton, rien que pour vous (vu qu'apparemment je n'ai aucun lecteur ici), nous allons creuser (huhu) l'idée de dette publique.

La dette publique n'est en rien comparable avec une dette"familiale", d'un père de famille s'endettant et filant sa dette à ses gosses. La génération qui hérite de la dette publique hérite aussi de la créance correspondante, contrepartie de la dette. La génération nouvelle n'est donc ni appauvrie ni enrichie, tant qu'on est pas endetté vis-à-vis du reste du monde.

Ah oui, oui, en effet, une dette est associée à une créance, oui...

Et justement, Oh miracle, la France est nettement créancière vis à vis du reste du monde depuis 1994 (elle l'était aussi jusqu'en 1988, puis débitrice jusqu'en 1993).
On remarquera au passage que dans toutes les dettes et les créances entre personnes morales résidantes (administrations, ménages, entreprises et banques), les administrations publiques ne représentent que 9% de ces dettes. Celles des entreprises et des ménages sont donc dix fois plus élevées.
Et ces dettes publiques ne sont pas nocives ou positives en soi, elles dépendent du type de redistribution des ressources entre résidents à laquelle elle donne lieu. En gros, on ponctionne le service de la dette pour redistribuer le produit de ces prélèvements par l'intermédiaire des bons du trésor, ce qui ne gêne pas la croissance, tant qu'on ne ponctionne pas ceux qui ont des projets utiles à la société et qu'on ne donne pas à ceux ayant déjà trop !

Oh, euuuuhh. Oui, ça coule de source.

D'ailleurs, les 30 glorieuses ont commencé avec un niveau de dettes entre 150 et 300 % des différents PIB, et ça n'a pas empêché les croissances exceptionnelles. Le volume n'est donc pas nocif.

En fait, le vrai fardeau, c'est la baisse des dépenses publiques, qui se font sur le dos de l'éducation, de l'aide aux plus défavorisés, etc. qui risquent à terme de détruire toute cohésion sociale, et de laisser à la génération suivante toute une couche de personnes pauvres, perdues, délinquantes, et ainsi de suite. CQFD. Tu vois le truc, Thierry ? Quand on te parlait du boulet de la dette, tu n'imaginais pas qu'on parle de ce genre de boulet, hein ?
Oh punaise, c'est moi le boulet de la dette ? Je suis mal mal mal, tous mes projets de coupes budgétaires tombent à l'eau, je vais encore me faire taper sur les doigts...


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Pour ceux qui n'auraient pas bien compris cette rapide synthèse, où qui souhaiteraient approfondir un minimum, sachez que ce texte est TRRREEESS largement inspiré (c'est même un rapide résumé) du texte de Francisco VERGARA et Bernard GUERRIEN : "La dette publique, fardeau des générations futures ?" disponible sur le site d'Autisme-Economie.org

Une courbe qui monte, c'est toujours positif...

- Monsieur Ernest Antoine ! Monsieur Ernest Antoine !

- Que se passe-t-il mon jeune ami ?

- Regardez cette courbe, c'est assez inquiétant !

- Mais au contraire, au contraire. Cette courbe grimpe, c'est bon signe, non ?

- Euh, c'est à dire que ce n'est ni la courbe de nos adhérents, ni celle de nos bénéfices, mais celle du BIP 40

-Ah, parfait, j'ai investi très fortement dans le CAC 40...

-Mais non, Monsieur, il s'agit du BIP 40, un indicateur des inégalités très complet. Et depuis 1983, les inégalités explosent, Monsieur. À part une baisse assez limitée de 1997 à 2001, mais depuis elles ont repris de plus belle, c'est affreux non ?

-Ahlala, mon jeune ami, vous ne comprenez décidément pas. Que la courbe des inégalités s'envole, c'est une très bonne chose, pour Nous. Regardez, je lis sur le site de l'indicateur que "Le Bip 40 s’envole d’abord à cause de la hausse du chômage. Les chômeurs non seulement sont plus nombreux, mais ils reçoivent moins souvent une indemnisation : la proportion d’allocataires de l’Unedic parmi les demandeurs d’emploi diminue. Le chômage de longue durée augmente lui aussi. D’où une nouvelle hausse du nombre de titulaires de minima sociaux" Et ça c'est une excellente nouvelle.

-Vous voulez dire que l'augmentation du chômage crée une autre inégalité, celle entre les patrons ayant le choix entre des centaines de postulants ayant le même profil, et les postulants qui sont obligés de se plier à toutes les contraintes car ils savent que les patrons peuvent se passer de lui ?

-C'est cela. Et ?

-Et donc cela contribue à modifier le rapport de force en faveur du patronat, au détriment des salariés, qui étaient déjà les grands perdants de l'après trente glorieuses ?

-Exactement, mon p'tit, je vois que votre stage ici vous fait le plus grand bien, vous apprenez vite. D'ailleurs, en y réfléchissant, vu tout ce qu'on vous apprend, il ne me semble pas normal que Nous vous payions, ce serait même à vous de payer pour cette formation, non ?

-Euh, Monsieur, vous ne me payez pas mon stage.

-Ah, très bien, dans ce cas, très bien. Vous pouvez disposer.

-Merci Monsieur.

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Pour ceux que le sujet intéresse, je ne peux que conseiller les excellents sites que sont l'Observatoire des inégalités, ainsi que celui du BIP 40, ce dernier mettant d'ailleurs à disposition toutes les séries utilisées pour calculer l'indice, ainsi que tous les coefficients utilisés. Il est donc possible de construire un indice différent en modifiant sa composition, selon que l'on considère telle ou telle série plus ou moins importante qu'une autre.

Quand la perche... suite et fin

Comme le disait très justement mon ami Jean Roucas, en lisant la blague de LMDM :

Ca m'horripile, ahah, sacré Jean !

Quand la perche est tendue...

Il faut savoir la prendre.

L'auto proclamé Tyran... pardon, Maître du Monde, sentant peut être que son avenir à ce poste risquait d'être incertain, se lance dans l'humour. Mais ce n'est donné à tout le monde, et il nous fait part d'une de ses créations les plus affligeantes (voir tout en bas "Mister blague").

Quand on pense qu'il a cru faire du tort à votre très dévoué Président, en disant que nous n'étions absolument pas drôle, en accord avec nos principes...

Bref, s'il fait certes encourager toutes les bonnes volontés, je doute que sa carrière d'humoriste dépasse un jour sa pitoyable carrière tyrannique.
Courage cher ennemi, vous trouverez votre voie, un jour.

Un peu de sérieux de ne fait jamais de mal

Dans la rubrique : "je vous conseille quelques lectures", le Hors série "Casseurs de Pub, le journal de la joie de vivre", vient de sortir. Contrairement aux autres numéros, qui avaient tendance à se mordre la queue en rabachant les mêmes choses, ce dossier est entièrement consacré aux relations entre médias et pub, donc sur l'indépendance de la presse, thème très en vogue ces derniers temps, notamment grâce à la sortie de "Désentubage Cathodique" (toutes les infos sur le site de Zaléa TV).

On y apprend pas mal de choses.

A noter aussi, dans le Monde Diplo de ce mois ci, un article de Latouche (ça faisait un moment qu'on l'avait pas revu lui) sur la décroissance, intitulé "Ecofascisme ou Ecodémocratie". J'avoue n'avoir pas encore eu le temps de le lire, mais l'info est suffisament intéressante pour que je vous la fasse passer.

PDM cherc. JF pr. gouv. mond. et + si aff.

Ahah, en feuilletant le journal "Sans-logis", un journal francophone de la fondation Abbé Pierre (vendu dans la rue par des personnes en difficultés), j'ai trouvé une petite annonce assez merveilleuse.

Déjà, elle attire l'oeil : on y voit un mec quasi nu, assis sur une plage, musclé, avec des lunettes de soleil. Bref, l'image qui fait tâche dans la rubrique.

Et on peut y lire ce texte délicieux :

"JH, célibataire, sans enfants, offre vacances à la mer, tous frais payés, de juin à octobre, plus si affinités (union, bébé, etc.), à jolie JF 18-35 ans, de même profil, mais plutôt petite et menue, affectueuse, délicate, douce, fine, gentille, naturelle, saine, sensible, sérieuse, mais prenant la vie avec humour, tendre, etc. Ttes nationalités, confessions et situations acceptées. Annonce très sérieuse. Réponse téléphonique assurée."

C'est-y pas beau ça ? Des vacances à la mer tous frais payés pour une demoiselle en compagnie de ce bel homme ?
Il aurait pu écrire "Cherche JF canon, pour la violer, et plus si affinités. Serviette de plage offerte." Ça aurait pris moins de place dans la rubrique.

Mais ça donne des idées.
"PDM, bien sous tout rapport, grande carrière politique en perspective, cherche JF belle, canon, mignonne, agréable, jolie, aimant le sexe et les rapports intimes, pour lui offrir voyages dans le monde entier, tous frais payés par les contribuables, et plus si affinités (coïts anaux, ejac faciale, etc.)
Annonce très sérieuse. Réponse téléphonique assurée."
Je m'en vais de ce pas proposer l'annonce au journal.

Il faut tuer PAC Manne, mais pas comme on le croit

L'auto-proclamé Maître du Monde, Harry Peal, nous fait part dans sa dernière chronique, d'un sketch intitulé : "PAC manne" dans lequel il interview Pedro, un producteur brésilien de sucre qui ne manque de hargne ni d'humour.

Et il est énervé, Pedro. N'est-ce pas ?
(toute ressemblance avec un testeur de jus d'orange dans une célèbre publicité serait pur hasard)
(Comprenne qui pourra)

Et il a de quoi ! La PAC (Politique Agricole Commune), en gros, consiste à subventionner des agriculteurs européens pour qu'ils produisent certains produits en certaines quantités. À l'origine, le but était noble : assurer l'auto-suffisance alimentaire de l'Europe.
Mais pour ce faire, on a poussé à l'industrialisation, à la surproduction, en assurant le rachat des denrées à des prix très attractifs pour les producteurs.
Résultat : des excédents qu'on écoule à des prix ridicules dans les pays dits pauvres, un saccage environnemental avec l'industrialisation, l'incitation à l'agrandissement des parcelles, un paysage détruit, une uniformisation des produits, et une culture paysanne quasi disparue (on ne parle plus de pays, mais d'agriculteurs, ou de chefs exploitants).
Alors Pedro, honnête producteur de sucre au Brésil (mais c'est aussi vrai pour d'autres producteurs de nombreux pays et continents, comme Mamadou en Afrique), il peut pas vendre sa production chez lui, puisque les européens y écoulent leurs surplus à des prix artificiellement bas.

Mais que nous dit LMDM (qui je le rappelle, s'est auto proclamé MDM, ce tyran !) ? Et bien qu'il lui tarde "un monde libre sans douane et où l'Etat arrêterait de subventionner à tort et à travers". Et là je dis : 'tention.
En l'état des choses, il serait bénéfique que les subventions à l'agriculture intensive cessent au plus vite. Mais de là à dire qu'il ne faut plus subventionner, que nenni. Actuellement, ce serait même l'inverse !
Il est urgent de subventionner les productions "paysannes", "diversifiées", et respectueuses de l'environnement et des hommes. C'est à dire inciter à morcellement des grandes exploitations, fortement taxer les engrais, subventionner les productions biologiques et certains labels comme "Nature et Progrès".
Et pourquoi ? Parce que c'est le seul moyen de susciter un retour suffisamment rapide à de telles pratiques, génératrices d'emplois, et surtout génératrices d'externalités fortement positives (protection de l'environnement, repeuplement des campagnes, diminution des risques de maladies liées aux produits toxiques, retour à des productions diversifiées...) dont on sait que le seul marché ne peut prendre en compte.

De même, en attendant que les externalités négatives liées au transport des marchandises (via le pétrole pour faire avancer les avions, bateaux et camions) soient répercutées par un prix de l'essence très élevé, les barrières à l'importation (pour l'Europe comme pour les pays pauvres) ne sont sans doute pas si mauvaises, car permettent de réduire les échanges de produits que l'on peut produire soi même localement, et permettent donc de limiter le transport, et donc la non internalisation des externalités.

Et du coup, Pedro, plutôt que de produire du sucre hyper compétitif, qui sera forcément vendu en priorité aux pays riches (certes cela lui donnerait un revenu, mais avec lequel une bonne part de ses achats bénéficierait aux pays du Nord) il pourra produire pour nourrir ses compatriotes.

Alors, Pedro, c'est pas vrai ce que j'ai dit ?

(On notera que Pedro répète la même chose, c'est parce que ça m'évite de perdre du temps à changer le texte.
J'estime qu'un Président a des choses plus importantes à faire.
Contrairement au Maître du Monde.
Votez pour moi.)

Pourquoi fallait il voter oui à la constitution pour l'Europe ?

Parce que l'Europe libérale, y'a pas à dire, ça offre pas mal d'avantages.

(Excusez moi, l'Europe, c'est par où ?Au fond à gauche, Monsieur)